Les paradoxes du féminisme
L’émancipation des femmes a souvent été présentée comme le fait de quitter le foyer, mais cette démarche interroge sur sa cohérence et ses réels bénéfices : quitte-t-on vraiment une forme de contrainte pour une émancipation ? L’intégration des femmes au marché du travail n’a pas toujours répondu à un souci de leur bien-être, mais plutôt à des intérêts économiques. De plus, la libération, y compris sexuelle, a parfois instauré de nouvelles normes dont le sens mérite d’être questionné.
Il n’y a pas de véritable émancipation. On est quand même prisonnière quelque part. On a voulu mettre les femmes sur le marché du travail pour de bonnes raisons. Parce qu’elles vont consommer plus, parce qu’elles vont générer des impôts supplémentaires. Mais est-ce que c’était une vraie démarche bienveillante pour les femmes, pour les familles ? Je vois déjà un premier paradoxe. Après, cette émancipation de la femme sur tous les plans, on va dire draguer comme des hommes, jouissez comme des hommes, vous pouvez avoir autant de partenaires que vous voulez.
Est-ce que c’est vraiment les femmes qui voulaient ça ? Est-ce que c’était souhaitable ? Je ne crois pas non plus. Donc on manipule les femmes comme on l’a fait avec le l’industrie du tabac. On a utilisé justement des images de femmes qui se rebellent et qui fument.
Voilà pourquoi c’était simplement une question de consommation. Ça permettait de générer plus de revenus à l’industrie du tabac, c’est tout. C’est sûr que la moitié de la population qui ne fume pas, c’est quand même dommage pour le business. Et la moitié de la population qui ne travaille pas, c’est quand même dommage aussi pour les impôts. Il n’y a pas de réelle bienveillance envers les femmes. On n’a pas fait ça pour leur bien. Elles n’étaient pas oppressées par leur mari.
Bien sûr qu’il y a eu des cas de violence conjugale. Il existe des maris macho, on est d’accord. Mais dire que toutes les femmes du passé étaient forcément oppressées et malheureuses d’être à la maison, c’est avoir une vision bien réductrice et pas très respectueuse pour nos ancêtres.
Les femmes qui deviennent responsables d’entreprise par exemple ou cadres supérieurs ont souvent, j’ai l’impression, tendance à adopter des codes masculins qui sont liés à ces positions plutôt que d’être femme à ses postes de direction. Tout d’un coup elles adoptent des codes masculins. Finalement est-ce que ce n’est pas une forme de dérive qu’on pourrait dire patriarcale ? En tout cas, je pense que cette dérive est liée à la perte de repère et comme on ne sait plus très bien qui on est, on singe quelqu’un.
Je vais prendre un exemple que je connais bien, c’est celui des femmes dans la police.
On a accepté les femmes dans la police, cela n’était pas le cas au début, elles peuvent réellement amener quelque chose par leur féminité.
Mais ces femmes-là pensent qu’elles doivent singer les hommes et vont parfois faire dégénérer une intervention à cause de ça. J’explique, si on intervient quelque part où la personne est un peu agitée, ou en colère, on a un homme et une femme dans le binôme qui intervient dans ce cas.
Si la femme est vraiment alignée dans son rôle de femme, avec sa douceur naturelle qu’elle dégage, elle va parfois permettre une désescalade et faire redescendre l’humeur de la personne. C’est pas quelque chose de réducteur. Les femmes ont de bonnes compétences en communication et c’est justement là qu’elles peuvent faire la différence.
En voulant compenser sa petite taille et sa voix aigüe, si elle se permet de crier plus fort, elle va faire monter la tension de la personne en symétrie et là on va avoir une escalade de la violence au lieu de la désamorcer. Et ça c’est parce qu’il y a des injonctions justement à être à être comme un homme.
Sois forte, débrouille-toi, tu peux faire mieux que les hommes, les hommes sont nuls de toute façon. Enfin, on entend beaucoup de choses et je ne pense pas que de base, les femmes, si on prend les petites filles, elles ne naissent pas en colère contre les hommes. C’est quelque chose qu’on leur inculque.
Elles ont eu un père, des frères, peut-être même des petits amoureux quand elles étaient enfants. Elles ont aimé aussi des figures masculines et puis petit à petit, on leur a démonté ces figures et puis on leur a dit qu’elles pouvaient faire mieux et qu’elles devaient toujours essayer d’obtenir une forme d’égalité, mais simplement qu’on a confondu égalité et interchangeabilité, alors qu’on n’est pas interchangeables.
Si c’était là le tour le plus habile du patriarcat ? Et si la lutte féministe était manipulée par le patriarcat ?
On pourrait aussi voir que dans l’émancipation de la femme, on a une marchandisation du corps de la femme. Qui a à y gagné réellement ? Si on prend par exemple le fondateur Donly Fans, il génère des revenus colossaux, il s’en met plein les poches en utilisant le corps des femmes pour s’enrichir.
Dans le marché de la prostitution, le client c’est l’homme, donc c’est lui qui a tout a gagné que les femmes fassent leur « empowerment » en prenant justement le pouvoir sur leur corps et en ayant le droit d’utiliser leur corps comme une marchandise.
Mais moi, je ne vois absolument pas ça comme un progrès pour les femmes.
Lena Rey se définit elle-même comme une journaliste « défroquée » ayant perdu confiance en sa profession. Après avoir parcouru près de dix ans à la recherche de sens et de justice, elle a été employée dans l’armée et la police. Elle a depuis retrouvé le goût de l’écriture, à condition de pouvoir exprimer ses idées de manière authentique, sans déformation ni compromis. Elle a récemment publié un premier essai, intitulé Déwox – 21 réflexions pour se détoxifier du wokisme.
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